Récoltes d’avril

Point de monologue introspectif aujourd’hui car il n’y a pas que cela dans la vie (oups). Je vous propose ici un petit récap’ sans prétention des œuvres et contenus qui m’ont nourrie ces dernières semaines.

Lectures

En avril j’ai eu envie de renouer avec la littérature ado, pour laquelle je nourris un fort intérêt depuis des années (en atteste feu mon blog entièrement dédié à cette thématique) mais que j’ai malheureusement délaissée pour diverses raisons. Je n’ai pas pris un risque immense en m’attaquant à Sainte-Marie-des-Haines-Infinies de Louise Mey, paru chez La Ville Brûle que j’apprécie particulièrement pour sa ligne éditoriale engagée. La couverture (signée Chien fou) est sublime déjà, et le récit de cette adolescente dévorée de colère, scolarisée dans un collège privé où elle subit diverses formes de violence (de classe, de genre, et j’en passe) plus ou moins insidieuses, m’a embarquée.

J’ai également savouré le premier tome des Normaux, de Janine Janssen, réconfortée par la beauté des illustrations et la douceur des relations (amicales comme amoureuses) dépeintes dans ce Paris alternatif où les humains prennent le thé avec les vampires, pépouze. Ce livre est l’adaptation d’un webcomic que vous pourrez découvrir ici.

J’ai ensuite pris le temps de lire Finding Phoebe, de Gavin Extence, que j’avais dans le viseur depuis un moment. Si les premières pages m’ont relativement peu emballée, j’ai finalement été séduite par l’évolution du personnage principal, une adolescente autiste, et la façon dont sont traitées les différentes problématiques qu’elle et son entourage sont menés à rencontrer (notamment relatives à la sexualité et à la religion, mais je n’en dis pas plus pour ne pas vous spoiler).

Hors du champ de la litté jeunesse, d’autres lectures ont marqué ce mois d’avril. De passage en librairie, j’ai été intriguée par un ouvrage à la couverture minimaliste intitulé Mes labyrinthes,une expérience sensible de la neurodivergence, signé Florian Forestier. Bien que certains brefs passages m’aient un peu fait grincer des dents (quand les hommes parlent des femmes, a fortiori lorsqu’elles incarnent des intérêts amoureux, c’est décidément souvent gênant mais faites pas gaffe, c’est mon féminisme et mon lesbianisme qui parlent), j’ai plutôt apprécié cette lecture qui a pu me toucher par bien des aspects. Une phrase, « je ne suis jamais certain d’être innocent » m’a particulièrement marquée parce qu’elle dit tout à mes yeux de l’intranquillité associée au vécu autiste.

Changement de décor (voire carrément de planète) avec Un psaume pour les recyclés sauvages, de Becky Chambers. Ce court roman de science-fiction m’a permis de découvrir le genre solarpunk, caractérisé par un imaginaire optimiste bien éloigné des dystopies avec lesquelles je suis plus familiarisée. J’ai aimé suivre les traces de Dex, un·e moine de thé en quête de sens qui décide de partir à l’aventure à bord de son chariot-vélo et fait la rencontre d’un robot particulièrement attachant. C’était chouette, très chouette, doux et mélancolique à souhait, et j’ai hâte de lire la suite.

Enfin, j’ai eu le plaisir de lire le dernier ouvrage de Mirion Malle, Le problème avec les fantômes. Cette bande-dessinée aborde la thématique du deuil et comme d’hab avec cette autrice, c’est aussi beau qu’émouvant. Les dynamiques relationnelles et émotionnelles qui traversent et bousculent les différents personnages sont représentées avec une grande finesse.

Musique

Ces dernières semaines ont également été rythmées par de jolies trouvailles musicales ! En immense fan de Sufjan Stevens, j’ai notamment été ravie de sa collaboration récente avec Meg Lui pour cette reprise de Dreams, des Cranberries, que je trouve particulièrement envoûtante.

J’ai également découvert Billie Marten, dont la voix me fascine autant qu’elle m’apaise. Son dernier album, Dog Eared, mérite vraiment d’être écouté. Du miel pour les oreilles, tout simplement.

La Lune Mauve (si vous ne connaissez pas son blog, belle découverte à vous !) a récemment mis en ligne une playlist que je prends le temps d’explorer à mon rythme, sans pression mais avec grand plaisir (c’est trop chouette, les playlists). L’occasion pour moi de découvrir le groupe Grandma’s Ashes et pfiou, quelle claque ! Leur album Bruxism m’accompagnera longtemps, je n’en doute pas.

Autre découverte réalisée via la blogosphère, cette fois grâce à Lunatopia. Si j’étais quand même au fait de l’existence de Bad Bunny (difficile de passer à côté !), je n’avais pas vraiment pris le temps de l’écouter. Cet article m’a incitée à réparer cet affront, et je savoure ce morceau en boucle depuis.

En ligne

Je vous propose ici en vrac du contenu découvert (et apprécié) en ligne.

Why « things to do instead of doomscrolling » never works. Hazel Thayer répond à la question qui nous taraude tous·tes : comment arrêter de scroller quand l’énergie nous manque pour faire autre chose ? Une réflexion pertinente et déculpabilisante qui m’a personnellement fait du bien. En plus, la vidéo est drôle.

Sortir des algorithmes : une proposition. Dans cette newsletter, Pauline Harmange propose divers moyens de reprendre la main sur nos pratiques numériques. La démarche fait écho à des réflexions que La Lune Mauve a pu développer sur son blog et que je trouve passionnantes. Internet fait partie de ma vie depuis 25 ans et je sens bien que je n’y trouve plus mon compte. Les initiatives visant à cultiver ce qu’il a de meilleur à offrir (liberté, expression de soi, échanges, esprit DIY…) m’intéressent donc beaucoup.

Darwin Correspondance Project. J’ai été fascinée de découvrir que Darwin avait échangé près de 15000 lettres avec son entourage au cours de son existence, et qu’un travail d’archivage de cette correspondance avait été réalisé par l’université de Cambridge. La BD Dans les pantoufles de Darwin aborde d’ailleurs ce sujet de façon hilarante et instructive.

Orion parachutes. Loin d’être une experte en exploration spatiale, j’ai tout de même suivi avec intérêt (et émotion) la mission Artemis II qui s’est déroulée avec succès au début du mois. J’ai bien sûr été émerveillée par la Lune, mais soyons honnêtes : mon plus gros choc esthétique dans cette affaire a été le déploiement des ♡︎ parachutes ♡︎ lors du retour de la capsule Orion dans notre atmosphère. Aussi quand j’ai appris qu’un épisode de Houston we have a podcast portait sur ces bestioles, avec l’intervention de deux experts ayant participé à leur conception, j’ai foncé et j’ai kiffé. Tout est captivant. Une retranscription de l’épisode est disponible avec des photos à l’appui.

Toutes les espèces de palourdes que je trouve cools. Je suis décidément fan de Faune Cool qui a l’art de mettre en lumière, et avec beaucoup d’humour, des espèces animales méconnues et/ou trop peu valorisées. Toutes ses autres vidéos valent le coup d’œil ! Je vous conseille notamment Faut-il choisir l’Homme ou l’Ours ?.

Hop, c’est terminé pour avril. Je ne sais pas quelle sera la périodicité de ce type de billet mais j’ai bien aimé réaliser ce petit point d’étape culturel. On verra bien si ça me démange d’en faire d’autres !

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